Valorisation



LES MARQUES ET LES LABELS

 

Face à la baisse de la ressource, à la concurrence et à la hausse du prix du gasoil, les professionnels de la filière Pêche - du pêcheur au poissonnier -, doivent mettre en place des dispositifs pour valoriser leurs produits.

L’usage d’outils de marketing, tels que les marques ou les labels, est assez récent dans l’univers des produits de la mer, mais il rentre désormais dans les stratégies de vente des professionnels.

Il faut cependant bien faire la différence entre marque et label. Les marques, privées ou collectives, sont un signe distinctif identifiant un produit à des fins commerciales. Les labels spécifient des normes de production et de qualité.

 

 

La marque Pavillon France

Pour la première fois en France, tous les acteurs de la filière pêche française (les producteurs, les mareyeurs, les grossistes, les transformateurs, la grande distribution, les poissonniers détaillants) se sont regroupés au sein d’une association : France Filière Pêche. Créée en 2010, celle-ci s'attache à promouvoir la consommation de produits issus de la pêche française et à l’accompagner dans sa volonté de progrès vers une pêche encore plus durable et responsable.          
France Filière Pêche a crée en 2013 la marque Pavillon France qui s’appuie sur un cahier des charges très précis : les produits doivent être issus de la pêche maritime française, l'accent est mis sur la traçabilité, la qualité et l'origine des produits. La marque Pavillon France est donc une garantie pour les consommateurs.
Pavillon France est là pour donner au consommateur l’assurance d’un produit de la mer pêché selon des pratiques contrôlées et débarqué dans nos ports français.

La marque Bretagne Qualité Mer

Bretagne Qualité Mer est une marque collective appartenant à l’association Normapêche Bretagne regroupant des professionnels des filières pêche et conchyliculture en Bretagne et Loire Atlantique.

Sous cette marque, on trouve des poissons « EXTRA » issus de la pêche artisanale et du mareyage. Ce sont des poissons de très grande qualité, vendus par les mareyeurs, majoritairement au marché dit traditionnel, que sont les grossistes et les poissonniers détaillants. On trouve aussi des produits de la conchyliculture : Moules de Bouchots, Huîtres creuses et Huîtres plates belons, Palourde. Le volume de poissons, crustacés et coquillages identifiés BQM en 2006 est de 2 100 tonnes.

Pour prétendre à la marque BQM :

  • Les navires doivent être bretons (navires immatriculés dans un quartier maritime de Cancale à Saint Nazaire) et de pêche artisanale.
  • La 1ère mise en marché doit avoir lieu sous une halle à marée en Bretagne ou en Loire Atlantique.
  • Les entreprises de transformation adhérentes doivent être installées en Bretagne ou en Loire Atlantique.
  • Les produits identifiés BQM doivent être de qualité E = EXTRA (en savoir plus sur le tri).

Les caisses de marée sont alors identifiées par le logo BQM, associé à un numéro d’ordre et pour certaines espèces par un pin’s individuel par poisson. Un contrôle continu est garanti par le service qualité de l’interprofession.

Visiter le site de Bretagne Qualité Mer  

Les éco-labels

Plusieurs labels mettant en avant des produits issus d’une gestion durable des pêcheries ont vu le jour ces dernières années : Marine Stewardship Council (MSC), Friend of the sea, Dolphin Safe, Fair Fish, Ecofish, FishWise…

Les enseignes de la grande distribution et les industriels commencent également à créer leur propre label : « Pêche responsable » pour Carrefour, « Respect des ressources marines » pour Findus…

Cependant, ces coproduits sont de plus en plus utilisés en cosmétique, en diététique ou encore en nutraceutique (nutrition et santé). L’univers des aliments fonctionnels ou compléments alimentaires représente un marché mondial très important. En effet la consommation de produits destinés à pallier l’insuffisance des apports journaliers en vitamines ou acides gras essentiels est en plein essor.

Les arguments mis en avant par les écolabels sont variables et se pose alors la question de leur crédibilité et de leur validité auprès des instances nationales et internationales. Aujourd’hui, seul le label MSC respecte les principes de pêche durable définis par la FAO : prise en compte des stocks disponibles pour établir les niveaux de capture, prise en compte de l’impact de la pêche sur l’écosystème marin, gestion de la pêcherie prenant en compte des intérêts à long terme des communautés dépendantes de la pêche pour leur subsistance ou leurs revenus.

Actuellement des démarches sont à l’étude pour créer et mettre en place un label français ou européen dans un cadre réglementé par les pouvoirs publics. Cependant les coûts engendrés par les démarches d’écolabels sont très importants. En effet, ces démarches nécessitent des normes et des process de certification crédibles, la vérification de la chaîne du froid, le contrôle par un organisme tiers indépendant, le respect des normes et méthodes de certification (ISO, ISEAL ou autres…), le respect des directives de la FAO, la présence d’observateurs sur les navires…

 

Voir le dossier maritime n°2 : Les écolabels : Quand l'écologie rencontre le marketing

 

Suite :

Les coproduits

Seule une partie d’un poisson peut être directement utilisée par le consommateur. Chaque année, le traitement de 320 000 tonnes de poissons dégage 150 000 tonnes de viscères, têtes, arêtes et peaux. Lire la suite