Dossier maritime n°4

Avec l’appui de professionnels, d’universitaires et de chercheurs, le CCSTI/Maison de la Mer a développé une rubrique éditoriale qui témoigne de l’actualité du secteur des pêches maritimes. Les dossiers maritimes, publiés plusieurs fois dans l’année, sont illustrés et accompagnés de témoignages.

Pêche durable : Pêcheurs et chercheurs main dans la main pour préparer l'avenir

La définition

Le concept de pêche durable et responsable a pris son essor en 1995 quand la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) a établi son « Code de conduite pour une pêche responsable », qui constitue un guide à l'usage de tous ceux qui ont affaire à la gestion des pêches. Le point principal est la maîtrise de l'effort de capture de manière à préserver la capacité de renouvellement des stocks de poissons et l’optimisation de leur exploitation.
Ce principe sert de base au renforcement de la collaboration entre les scientifiques et les pêcheurs, les premiers mettant leurs investigations à la disposition des seconds et contribuant à la mise au point de solutions. Les chercheurs travaillent en réalisant des campagnes de prélèvements en mer et en analysant les captures des pêcheurs.
Dans la même logique, les chercheurs, les professionnels et les entreprises spécialisés s'unissent pour mettre au point des innovations en faveur de la pêche [et de l’environnement], comme c'est le cas dans le cadre du Pôle Mer Bretagne.


Une évolution historique

A la fin des années 70 et dans les années 80, la pêche française a vécu une modernisation accélérée, avec la construction de centaines de bateaux neufs.
Le raisonnement général était quantitatif. Les professionnels attendaient des chercheurs de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) des conseils pour pêcher davantage. Quand ces derniers invitaient à la modération sur telle ou telle espèce, ils n'étaient pas toujours écoutés.
Dans les années 90, le contexte a totalement changé avec la prise de conscience mondiale de la surexploitation qui a débouché sur le code de la FAO. L'ouverture des marchés a exposé les pêcheurs à la concurrence, ce qui a provoqué la crise de 1993 et 1994. Parallèlement, la politique européenne des pêches se mettait en place avec un encadrement croissant des flottilles et des droits de pêche (quotas).
 

Un dialogue entre scientifiques et professionnels

Les pêcheurs français constataient que les mesures de gestion des pêches paraissaient souvent décalées par rapport à leurs constatations quotidiennes. C'est alors qu'ils ont cherché à dépasser une position défensive pour présenter des contre-mesures. Du coup, la relation avec les scientifiques est passée de la méfiance à la recherche de partenariats. Les organisations professionnelles ont ainsi lancé des programmes qui associaient nécessairement les scientifiques ainsi que des organismes de soutien au développement comme l'Aglia (Association du Grand Littoral Atlantique). Il en est résulté des propositions qui ont souvent été retenues par l'Union européenne, comme des zones de protection de telle espèce, des plans de gestion, des mesures techniques sur les engins de pêche. Cette collaboration présente l'avantage de favoriser un consensus chez les pêcheurs sur la base de propositions crédibles en termes scientifiques.

PMC (panneau à mailles carrées). Photo et schéma : Aglia.
Ces chaluts permettent d'éviter la capture de merluchons hors taille et de langoustines trop petites. Les dispositifs d'échappement sont placés au meilleur endroit dans le chalut, en fonction du comportement des animaux, pour avoir un maximum d'efficacité.

 

 

Le rendement maximal durable

L'Ifremer est totalement engagé dans la promotion de la pêche durable à travers le concept de rendement maximal durable. Un effort de pêche faible préserve les stocks mais n'est pas viable économiquement. Un effort important peut être rentable à court terme mais grève l'avenir par un trop grand prélèvement. Le point d'équilibre , c'est celui qui apporte un maximum de capture avec un effort de pêche minimal et assure la rentabilité.
Le sommet mondial de Johannesbourg sur le développement durable a fixé à 2015 l'échéance de restauration de ce niveau de rendement.
Schéma : Ifremer. En savoir plus.

Sélectivité : variable selon les techniques

Le rendement maximal durable peut être atteint par une régulation de l'effort de pêche et par le recours à des engins sélectifs. C'est le cas de certains engins qu'on appelle « dormants » parce qu'ils travaillent de manière passive : c'est la proie qui vient s'y prendre, sous réserve de l’utilisation d’une taille de maille optimale. Ce registre comprend le filet maillant, le casier à crustacés et la palangre (longue ligne à laquelle on a fixé une série de petites lignes qui portent des hameçons garnis d'appât), à l’exception du trémail entre autres.
Le chalut est classé comme « art traînant », c'est à dire qu'il capture les poissons de manière active, en avançant. Les chaluts pélagiques, qui opèrent en pleine eau, sont sélectifs car, en général, ils sont dirigés sur des bancs homogènes. C'est aussi le cas des sennes, pour les mêmes raisons. La sélectivité des chaluts de fond est loin d'être parfaite, mais, suite à des travaux permanents, en partenariat entre scientifiques et professionnels, elle s'améliore.
Chalut à nappe séparatrice - Dessin : Ifremer


Grands fonds : une ressource fragile qui se reconstitue

La notion de « grands fonds » recouvre des secteurs entre 400 et 1500 m de profondeur où l'on pêche des espèces à croissance souvent lente comme le grenadier. Longtemps considérée comme un Eldorado, cette pêcherie semblait s'être épuisée, amenant de nombreux écologistes à demander sa fermeture.
A Lorient, les pêcheurs et les élus politiques refusent cette perspective, avec les arguments suivants : « La pêche profonde est la plus encadrée d'Europe. De 45 bateaux concernés en 1980, il n'en reste plus qu'une dizaine », expliquent les élus. « Elle a été mise sous quotas en 2002 et, depuis, les réglementations contraignantes se sont multipliées. A Lorient, cette pêche fait l'objet d'une pratique responsable depuis près de 10 ans ». L'armement Scapêche constate en 2010 que les rendements sont en hausse, à tel point que les capitaines de pêche doivent retenir leurs efforts pour rester dans leurs quotas. Lorient plaide pour que cette pêcherie soit gérée sur la base d'une co-expertise associant pêcheurs et scientifiques.

Légine des Kerguelen : une discipline de fer pour vaincre la piraterie

La légine était pêchée dans les 200 milles de l'archipel de Kerguelen par des bateaux français autorisés et par un nombre indéterminé de pêcheurs « pirates ». La légine est un poisson à chair blanche et grasse qui peut mesurer 2 mètres et vivre jusqu'à 2 000 mètres de profondeur.
L'État a engagé des moyens militaires pour supprimer la pêche illégale. Il a limité l'accès des eaux à seulement 7 palangriers français de 55 mètres qui disposent d'un quota annuel de 6 000 tonnes, largement inférieur à la ressource estimée. Chaque bateau doit embarquer un observateur. Le suivi scientifique de la légine est assuré par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN).
Sur ces bases assainies, une deuxième évolution est en cours, conduite dans le cadre du programme Orcasav par l’Ifremer, le MNHN et le CNRS, ainsi que par les armateurs et le fabricant Le Drezen. La technique de pêche actuelle, la palangre, présente deux inconvénients. Les mammifères marins viennent se servir sur les hameçons, consommant 40% des captures. De plus, ces hameçons blessent les oiseaux qui sont attirés par les appâts. Le programme vise à la mise au point de grandes nasses qui mettraient les appâts et les poissons à l'abri des prédateurs et qui favoriseraient la qualité des débarquements.

Le projet Optipêche : trier sur le fond, pas sur le pont.

Les aspects environnementaux ont été abordés par une réduction des impacts physiques sur les fonds marins par la mise au point d’engins plus légers tels que : un panneau commercial économe en carburant mis sur le marché par la société Morgère, un nouveau concept de panneau de fond à très faible impact , baptisé panneau « Jumper ». Des kits sélectifs ont également été proposés pour réduire les captures accessoires. Les aspects économiques, en particulier liés à la consommation de carburant, ont été abordés par des propositions permettant de réduire la traînée hydrodynamique des trains de pêche : actions sur la forme du chalut, les matériaux le constituant, sur la taille des mailles dans certaines parties, éventuellement sur la disposition des mailles (mailles tournées à 90° par exemple). Les effets de ces multiples options ont été évalués par simulation numérique. Toutes ces actions visant à diminuer la traînée ont pour conséquence une diminution du besoin de force d’appui du bourrelet sur le fond et ont donc permis d’alléger les bourrelets. Une collaboration avec le CRPMEM Bretagne a permis d’appliquer concrètement ces options d’optimisation à l’échelle de la flottille des chalutiers de fond bretons.
NB : Le projet EFFICHALUT est dans la lignée de ces expérimentations sur les chaluts de Manche/Mer du Nord.

Déversé sur le pont du bateau, le contenu du chalut fait l'objet d'un tri qui élimine les espèces sans valeur commerciale et les poissons inférieurs à la taille réglementaire. Autant de produits morts qui, rejetés à l'eau, nourriront les prédateurs.
Le programme Optipêche promotionné par le Pôle Mer Bretagne veut réduire ces prises accessoires. Il s'agit d'installer à l'avant des navires des sondeurs multifaisceaux capables de détecter les espèces et de donner des indications sur la nature des fonds. Des capteurs électroniques permettront aussi de bien guider le chalut pour réduire sa traînée sur les fonds et s'en tenir à un toucher très léger. L'engin serait équipé d'un appareil acoustique répulsif pour les mammifères marins.
Le Pôle mer développe aussi le projet ITIS qui veut favoriser une pêche ciblée. Son premier volet, ACSYS, vise à mettre au point des moyens de détection permettant d'identifier et de caractériser les bancs pour améliorer la sélectivité. Le deuxième volet, SQUAL, entend concevoir des chaluts exerçant moins de pression sur les poissons, ce qui améliorera leur qualité. Il prévoit également d'améliorer les nasses à poisson et les casiers à langoustine.

Carburant : réduire la facture et la pollution

Les techniques passives (casier, filet maillant, palangre) sont économes en carburant car elles ne sollicitent pas directement la puissance motrice. On ne peut pas affirmer qu'elles sont plus économes (en termes de litres consommés par Kg pêchés) car cela est bien sûr lié au rendement de capture. En termes économiques, ces techniques peuvent être plus avantageuses surtout parce que les espèces capturées sont plus nobles (donc plus chères), les apports plus faibles et la qualité meilleure ; en conséquence, c'est la part du carburant dans le compte d'exploitation qui est souvent plus faible que pour le chalut, mais la consommation, elle, est souvent au moins équivalente.
Par contre, le chalut a besoin de cette puissance car il doit être traîné sur le fond à une vitesse de l’ordre de 3 à 4 nœuds le plus souvent. Dans ce métier, la consommation moyenne est de un à deux litres de fioul par kilo de poisson capturé. Plusieurs armements ont renoncé au chalut pour la technique de la senne danoise, mutation coûteuse mais qui permet de diviser par deux la consommation, tout en améliorant la qualité des poissons. Elle ne permet cependant pas de capturer toutes les espèces.
Le Pôle Mer Bretagne a labellisé le projet Grand Largue qui vise aussi à pêcher à l'économie. C'est le nom d'une vieille unité en bois de 16 mètres, modèle typique du chalutier artisan, qui a été refondu à Saint-Malo. Porté par la société Avel Vor Technologie, le projet va permettre de tester une propulsion mixte, avec en appoint du moteur deux voiles portées par deux mâts de 13 mètres, l'un à l'avant, l'autre à l'arrière. Les 90 m² de toile seront déployés à partir d'un ordinateur de bord. Ils donneront leur effet maximal pendant les trajets, avec 40 % d'économie espérés.
Parallèlement, le programme Effichalut testera des modifications dans la conception du chalut et des engins associés, pour réduire la résistance à l'eau et donc la consommation de carburant.
Engins de pêche - Source : Ifremer. En savoir plus.



 

Témoignages

Langoustine : Une évolution exemplaire

La pêche à la langoustine au chalut posait un problème majeur dans le golfe de Gascogne. Le maillage pour la langoustine n'était pas sélectif pour le merlu qui était donc capturé en grosses mais surtout en petites tailles.
Dans les années 80, l'institut Ifremer avait mis au point un chalut à nappe séparatrice. Le poisson allait dans la poche du haut et la langoustine dans celle du bas. Malgré son efficacité, il ne dépassa pas le stade expérimental parce qu'il passait mal sur les roches du fond.
Dans les années 2000, le sujet a été relancé par les pêcheurs (CNPMEM), l'Ifremer et l'Aglia (Association du grand littoral atlantique) sur de nouvelles bases. Fin 2005, un premier dispositif a été intégré à la règlementation pour diminuer les captures de petits merlus : Il s’agit d’un panneau de mailles carrées de 2mx1m, de 100mm à la jauge, positionné dans la partie supérieur du « gorget ». Après des études successives, le choix entre trois systèmes a complété la réglementation pour améliorer la sélectivité des langoustines . Le premier est un maillage de 80 mm au lieu de 70 mm dans le fond du chalut, le second un panneau de mailles carrées ventral en mailles de 60mm à la jauge,le troisième procédé est une grille semi-rigide installée sur le fond du chalut et qui laisse s'échapper les petites langoustines. Les pêcheurs doivent recourir à l'une de ces trois solutions et respecter une taille marchande de la langoustine de 9 cm, nettement au-dessus de la norme européenne de 7,5 cm.
Grille selective rigide à langoustine - Photo : Jacques Le Meur.
Cette démarche, qui implique tous les ports du Golfe de Gascogne, a permis aux pêcheurs d'être distingués en 2008 dans le cadre du Seafood Champions de l'ONG américaine Alliance. Les pêcheurs écossais de langoustine sont engagés dans le même sens.
Il reste encore des progrès à faire pour diminuer encore l’échappement des petits merlus et de nouveaux dispositifs ambitieux sont en cours de test (cylindres à mailles carrées, etc.)… et puis : La réflexion porte également sur d’autre type de technique de pêche (casier par exemple).
Tri de langoustines - Photo : Aglia

 

Dans la pratique : Des pêcheurs qui évoluent

Les pêcheurs et leurs organisations prennent des initiatives reposant sur des constatations scientifiques ou sur le simple bon sens. Il s'agit souvent d'expériences lancées sans obligation réglementaire, mais aussi sans garantie de résultats.
Panneau à mailles carrées sur un chalut - Dessin : Ifremer.

 

 

Frai : ménager la reproduction

Pour se reproduire, la plupart des espèces se rassemblent en grands bancs. C'est le moment du frai. Les poissons sont alors facilement capturables. Restreindre la pêche à ce moment là, c’est diminuer la quantité de poissons prélevés et faciliter la reproduction. L'impact d’une telle mesure n'est pas uniforme car, malgré ce prélèvement, certaines générations peuvent être très abondantes.
Les pêcheurs de bar de ligne de Bretagne raisonnent en termes de « précaution ». Ils restreignent leurs pêches pendant le frai et demandent aux autres métiers de faire de même. Mais ils ne sont pas toujours écoutés.

Thon : l'impact des radeaux

Sous les tropiques, les pêcheurs capturent le thon en installant en pleine mer des radeaux munis de moyens de repérage. Naturellement, ces poissons se rassemblent sous tout élément flottant, une épave par exemple. Il est ainsi très facile d'aller remplir son filet de radeau en radeau. L'ennui, c'est que ces engins ne rassemblent que des petits poissons, notamment des thons albacores à une taille où ils sont encore immatures. L'Institut de recherche pour le développement a constaté que les radeaux, par leur nombre, perturbaient les migrations en jouant un rôle « d'aimant ». Les pêcheurs français ont souvent observé des moratoires sur cette technique pendant certaines saisons, sans être suivis par les autres. L'idéal serait de s'en tenir aux moyens classiques de détection et de cibler de gros individus, qui, en plus, sont de meilleure valeur commerciale.
Dans l'océan Indien, principale zone de pêche des thoniers européens, la question de la sélectivité est pour l'instant éclipsée par la piraterie qui favorise involontairement une protection des stocks.

Seiche : Favoriser la reproduction

La seiche est un animal particulier. A l'âge de deux ans, elle se rapproche de la côte, pond ses oeufs et se laisse mourir. Les pêcheurs doivent la capturer quand elle est encore vivante, avec des casiers dans le cas du golfe du Morbihan. Simultanément, elle diffuse ses oeufs qui se fixent spontanément à tout support naturel. Une expérience est en cours pour installer dans les eaux côtières des grilles qui viendraient augmenter le nombre de fixations et donc renforcer le nombre initial de petites seiches.
La seiche n'est pas menacée. Ce projet vise à augmenter le stock d'une espèce qui se vend très bien à l'exportation en raison de sa qualité.
Casier à seiches. Photo : Jacques Le Meur.

Coquille Saint-Jacques : l'option du repeuplement

Le travail de la coquille Saint-Jacques dans les baies de Seine et de Saint-Brieuc est très encadré par les scientifiques. Leurs avis permettent de fixer des quotas annuels et les modalités de pêche. Sur les petits bancs, comme ceux de Quiberon, de Brest ou des Glénan, l'espèce est souvent menacée de marginalisation. En rade de Brest, le comité local des pêches exploite une écloserie qui produit de petites coquilles. Elles sont mises à grossir dans des paniers, puis, à une taille moyenne, semées sur les bancs naturels. En grandissant, elles peuvent être capturées par les pêcheurs. Ce repeuplement augmente le nombre de reproducteurs et favorise donc la capacité de renouvellement. La méthode reste cependant coûteuse et aléatoire.
Pêche à la coquille Saint-Jacques à Erquy.

Benoît Figarède (Aglia) : « La sélectivité, ça marche »

Benoît Figarède est chargé d'étude à l'Aglia (Association du Grand Littoral Atlantique) dans le domaine de la sélectivité des pêches. De formation scientifique, il joue un rôle d'animateur en réunissant les chercheurs, les pêcheurs, les organisations professionnelles et les fournisseurs pour mettre au point des solutions dans le cadre de comités de pilotage.
Comment s'organisent les expériences de sélectivité ?
« Dans ce type d'organisation chacun a son rôle. Par exemple, les spécialistes de l'Ifremer en technologie des pêches vont tester plusieurs matériels ou plusieurs procédés sur leurs navires scientifiques. Selon les résultats, le comité de pilotage pourra effectuer un premier choix. Nous chercherons ensuite effectuer des tests sur des bateaux professionnels et obtenir des résultats à l'échelle d'une flotte entière ».
Quels sont les résultats de votre travail sur la langoustine ?
« Avec les dispositifs déjà retenus, nous avons observé une réduction de 25 % de la prise de petits merlus, de près de 35 % de celle de petites langoustines et de 30 à 40 % pour les espèces accessoires non ciblées, comme le chinchard, le merlan bleu et le maquereau ».
Quelles sont les suites de votre programme ?
« En langoustine et merlu, nous avons testé de nouveaux matériaux pour les chaluts, sans résultat. Nous allons tester en 2010 un cylindre à mailles carrées de 3 mètres de long qui prend toute la circonférence de la partie droite du chalut, une grille à langoustine inversée et, pour le merlu, un panneau à mailles carrées de 120 mm. Nous allons aussi actualiser une étude d'il y a 30 ans sur le taux de survie des petites langoustines rejetées à l'eau après avoir été triées sur le pont du bateau.
Enfin, nous expérimentons le casier à langoustines et la nasse poisson avec le concours des pêcheurs. Nous voulons donner à tous le maximum de données objectives pour se forger un jugement sur ces techniques ».


 

 


 

Textes et photos de Jacques Le Meur pour le CCSTI/Maison de la Mer (Juin 2010).

Sources : Ifremer, Pôle Mer Bretagne, Association du Grand Littoral Atlantique, armement Scapêche, Institut de Recherche pour le Développement.