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Les perturbateurs endocriniens

Le jeudi 16 novembre, conférence proposée par l’association « Carrefour des Humanités Paul Ricœur ».

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des produits étrangers à l’organisme, chimiques ou naturels, qui interfèrent avec le système endocrinien en induisant des effets délétères sur l’individu exposé et/ou sur sa descendance. De structure proche de l’hormone naturelle, un PE peut agir par effet agoniste en renforçant son action, ou antagoniste en se substituant à celle-ci de façon compétitive. Les effets constatés de certains PE sur la descendance non exposée suggèrent qu’une exposition continue à très faible dose, dès la période utérine, peut impacter la programmation fœtale.

Les PE ont envahi tous les domaines de notre quotidien : Produits chimiques, pesticides à usage agricole et industriel et médicaments humains ou vétérinaires dont les rejets entrainent une pollution des nappes phréatiques impactant la chaine alimentaire ; Solvants, plastiques, CD, lentilles ophtalmiques, détergents, cosmétiques, teintures capillaires, lingettes, rouge à lèvres, écrans UV, jouets pour enfants, circuits électroniques, batteries et piles, tissus (produits anti-flamme), photocopies, tickets de caisse… Toutes ces substances agissent à très faible dose, s’accumulent préférentiellement dans la graisse et peuvent continuer à agir très longtemps après l’exposition. La récente controverse entre experts sur le bisphénol A (BPA) est dû au fait que toutes les règles de toxicologie classique (risque proportionnel à la dose) et de prévention ne peuvent s’appliquer aux PE.

Les PE naturels sont représentés par les phytoestrogènes (œstrogènes synthétisés par certaines plantes). Ils constituent un risque potentiel non négligeable et le plus souvent méconnu. C’est le cas notamment des isoflavones du Soja dont la structure est très proche de l’Ethinylœstradiol naturel.

Certaines périodes de la vie sont davantage sensibles aux PE : La vie fœtale, période critique de la programmation des différentes lignées cellulaires par des mécanismes épigénétiques sous contrôle hormonal ; La petite enfance avant 3 ans, que ce soit chez le garçon ou la fille, pouvant entrainer des troubles pubertaires et du développement sexuel. Traitement hormonal substitutif de la ménopause, où l’utilisation de certains phytoestrogènes augmente le risque de cancer du sein.

par Bernard SCHMITT, médecin nutritionniste et endocrinologue.

Le jeudi 16 novembre, à 20h, salle Paul Ricoeur, lycée Dupuy de Lôme à Lorient.

Site du Carrefour des Humanités.

 

 

 

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novembre 2017